La galerie du Palais Royal s’illumine d’un noir
absolu. Le peintre Étienne Virel, déchu de la
Société des Artistes Indépendants, expose son
dernier travail : une toile grise, sans titre,
où les visages se dissolvent dans le vide. Les
critiques l’ignorent. Les collectionneurs fuient.
Le lendemain, son studio est vide. Seuls restent
ses pinceaux, noirs de sang. Un message écrit à
l’encre bleue sur la porte : « Je suis ce que
vous avez tué. »
Le commissaire Lefèvre, ancien officier de
l’armée, reçoit une lettre anonyme : une
reproduction du tableau, avec une note
griffonnée en marge. « Il a vu la vérité. » La
police n’a pas de corps. Elle ne trouve qu’une
trace de poudre noire sous les toiles, mêlée à
des cendres de charbon.
Les journalistes du Journal de Paris enquêtent.
Ils découvrent que Virel avait été banni pour
avoir peint des figures humaines sans visage,
décrétant que l’identité était un mensonge. Son
dernier projet, L’Éphémère, est une série de
tableaux où chaque personnage disparaît au fil
des couches de peinture.
Un étudiant en histoire, Marguerite, retrouve un
carnet caché dans un mur du studio. Il contient
des croquis de femmes inconnues, chacune marquée
d’un nom d’emprunt. Le dernier page est
recouvert d’une phrase : « Elles sont toutes là,
mais personne ne les voit. »
Le musée du Louvre accueille une exposition
intitulée L’Éphémère. Les visiteurs rapportent
voir des silhouettes floues derrière les toiles.
Un conservateur meurt en tentant de retirer une
peinture. Sa main est brûlée par la peinture
ellemême, comme si le pigment avait vieilli de
dix ans en une nuit.
Marguerite retourne au studio. Elle ouvre un
coffre secret. À l’intérieur, des lettres datées
de 1925, signées par des femmes inconnues.
Chacune raconte une rencontre avec Virel, un
soir de révolte, où il leur a dit : « Vous
n’êtes pas ce que vous croyez. »
Le commissaire Lefèvre apprend que Virel a
disparu dans un quartier interdit, le Faubourg
SaintAntoine, où les rues sont tracées en
diagonale. Une femme y vit seule, vêtue de robes
noires, qui refuse de parler. Elle tient un
carnet identique à celui de Marguerite.
Le dernier tableau de Virel est exposé dans une
salle souterraine. Personne ne peut le voir plus
de trois secondes. Ceux qui y parviennent
rapportent avoir vu des visages familiers, mais
sans reconnaître personne. L’œuvre est retirée.
Un employé du musée est trouvé mort, les yeux
crevés.
La police arrête Marguerite. Elle nie tout. Mais
lors de l’interrogatoire, elle murmure : « Il a
vu la vérité. » Les enquêteurs ne comprennent
pas. Ils ne savent pas que Virel a changé le
monde. Que désormais, les images peuvent mentir,
et que les gens ne sont plus ce qu’ils semblent
être.


