Le 11 novembre 1923, une lettre anonyme atterrit

à la porte de l’appartement de Claire Vaujours.

Elle y trouve une photo décolorée : son père,

mort lors de la guerre, entouré de trois hommes

dont deux portent les insignes de la République

et un, un uniforme inconnu. Le courrier

mentionne un héritage caché, un compte en Suisse,

et un nom : Le RoiComte.

Claire, veuve d’un officier tombé en 1916, a

abandonné le monde des salons pour vivre seule,

gagnant sa vie comme illustratrice. Elle ne

croit pas aux fantômes, mais cette image la

trouble. Elle commence à interroger des anciens

serviteurs, des notaires, des archives

municipales. Chaque question révèle une faille :

des documents falsifiés, des témoignages

contradictoires, un silence pesant autour d’un

conflit familial jamais résolu.

Un soir, elle rencontre Lucien, un journaliste

qui enquête sur les mêmes disparitions. Ils

découvrent que leur père, ancien colonel, avait

été chargé d’une mission secrète : protéger un

trésor national, une collection de manuscrits

révolutionnaires, avant qu’il ne soit volé par

des agents d’un parti fasciste clandestin. Le «

RoiComte » n’est pas un titre, mais un code :

Réserve de l’Ombre, un groupe dissous après 1919.

La tension monte quand Claire réalise que l’un

de ses frères, disparu depuis 1920, a tenté de

dévoiler le secret. Son cadet, Étienne, a

rejoint les milices d’extrême droite, tandis que

son aîné, Raymond, a fui en Suisse. Les deux

frères s’affrontent dans un duel politique :

l’un veut garder le silence, l’autre le révéler.

Claire, coincée entre les deux, doit choisir :

rester neutre ou s’emparer du pouvoir.

Le 14 juillet 1925, lors d’un gala de charité,

Claire expose les preuves devant des

journalistes, des politiciens, et des ennemis.

Les manuscrits sont confisqués, les frères

arrêtés. Mais la police ne trouve aucun corps.

Un message reste : Le RoiComte vit.

L’année suivante, Claire publie un recueil

d’illustrations intitulé Les Ombres du RoiComte,

qui devient un bestseller. Elle n’explique

jamais ce qu’elle a vu, ni ce qu’elle a fait.

Mais dans les rues de Paris, on murmure qu’elle

a touché le pouvoir, et qu’elle ne l’a pas lâché.