La mairie de Lyon est en flammes. Le curé
Auguste Dufresne, ancien aumônier des usines, se
tient debout devant les corps de six ouvriers
fusillés par la garde. L’officier qui a donné
l’ordre n’est pas puni. Les journaux ne parlent
que de l’incendie. Auguste, sans soutane, sans
confession, jure de faire justice.
Le 12 mai 1930, il découvre un objet métallique
dans les décombres : une montre à remontoir,
gravée d’un symbole inconnu. Quand il la touche,
il est projeté dans un autre temps. La rue est
calme, les voitures rares, les gens vêtus de
manière étrange. Il comprend : c’est l’année
1914. Les premiers coups de feu de la guerre
sont imminents.
Il revient au présent, mais la date sur le
calendrier a changé. Les ouvriers sont encore
vivants. Il essaie de prévenir la répression,
mais personne ne le croit. Les autorités
ignorent son histoire. La montre s’active à
nouveau, et il est expulsé vers 1925. Là, les
ouvriers ont été grondés, mais non tués. Leur
syndicat est plus fort. Auguste, épuisé,
commence à comprendre : chaque voyage modifie
l’histoire, mais jamais suffisamment.
Il retourne en 1914, cette fois avec un message
écrit sur une feuille. Il la remet à un
journaliste. Le lendemain, l’affaire fait la une.
La police enquête. Auguste, trop visible, est
arrêté. Il est condamné pour violences et
menaces. La prison est froide, les murs humides.
Il y a une fenêtre, mais elle est trop haute. Un
autre prisonnier, un anarchiste, lui offre une
clef en fer.
La montre s’active pendant la nuit. Auguste est
transporté en 1935. La France est en crise, le
Front Populaire règne. Les ouvriers ont des
droits, mais les anciens crimes restent impunis.
Il cherche le responsable, mais il est mort. La
montre ne fonctionne plus. Auguste, seul,
retourne à Lyon. La mairie est reconstruite.
Personne ne se souvient de lui. Il marche dans
les rues, le cœur lourd, et disparaît dans la
foule.


