Le portefeuille d’un ingénieur disparu est

retrouvé près d’un chantier naval. Le document,

déchiré, mentionne des livraisons de métal non

conformes. La police ignore le lien avec les

affaires de l’ingénieur, mort dans un accident

suspect. Un journaliste, chargé de recueillir

des témoignages pour une série sur l’industrie,

découvre le document et s’interroge.

Un soir, il rencontre un homme qui lui murmure :

« Tu ne dois pas savoir. » L’homme disparaît,

laissant une enveloppe contenant une carte

d’accès à un entrepôt souterrain. Le journaliste

y pénètre, trouvant des plans de construction

falsifiés et des signatures inconnues. Il repart

avec une photo, prise dans l’ombre, d’un homme

en uniforme militaire signant un contrat.

Le lendemain, son appartement est cambriolé. Les

vêtements de l’ingénieur, retrouvés dans

l’entrepôt, sont emportés. Le journaliste reçoit

un message anonyme : « Arrête. » Il refuse. Une

équipe de travailleurs, alertée par un ancien

collègue de l’ingénieur, le conduit à une usine

abandonnée. Là, il découvre des cadavres de

soldats alignés sous des toits de tôle, leurs

uniformes recouverts de sable.

Le sable, explique un ouvrier, provient d’une

mine contrôlée par une entreprise liée au

gouvernement. Les soldats, enrôlés

clandestinement, ont été envoyés vers un front

fictif. Le journaliste comprend que le sabotage

industriel n’est qu’un voile pour cacher un

génocide silencieux. Il photographie les corps,

mais le film est volé avant l’impression.

Le lendemain, il est convoqué par un ministre.

Celuici lui propose un accord : publier une

histoire d’espionnage, sans mentionner le sable

ni les soldats. Le journaliste refuse. La nuit

suivante, son immeuble est incendié. Il

s’échappe par les toits, évitant les flammes.

Dans une ruelle, il retrouve l’homme qui l’a

averti. Ce dernier lui tend un registre de noms,

tous liés à l’entreprise. « C’est la seule

preuve », ditil, avant de disparaître.

Le journaliste, désormais recherché, fuit Paris.

Il arrive à un village isolé, où les habitants

parlent d’un « rêve de sable ». Il y trouve un

ancien officier, qui confirme l’existence d’un

camp de travail forcé. Le sable, expliquetil,

est utilisé pour camoufler les traces de

déportation. Le journaliste décide de rester. Il

écrit, jour après jour, le récit des soldats,

des mines, des morts. Son texte, transmis par

des mains anonymes, finit par circuler dans les

milieux intellectuels. L’entredeuxguerres

tremble.