Le 14 juillet 1923, un homme en manteau noir
entre dans une salle souterraine sous un hôtel
de Montmartre. Il porte un badge de la Sûreté,
mais ses mains tremblent. Le prisonnier, un
poète communiste, a été arrêté pour avoir publié
un article subversif. Le mercenaire, ancien
soldat de la guerre de 1418, ne connaît pas le
contenu du texte, mais sa mission est claire :
faire disparaître l’homme avant que les
autorités ne s’en mêlent.
La salle est équipée d’un système de ventilation
ancien, à clapets et poulies, conçu pour éviter
les bruits de pas. Les murs sont recouverts de
portraits de figures politiques mortes, leurs
visages floutés par la poussière. Le mercenaire
s’assoit face au prisonnier, qui ne dit rien.
L’air est chargé de l’odeur du cuir et de la
peur.
À minuit, un signal sonne. Une porte s’ouvre
derrière eux. Un juge en robe noire entre,
portant un masque de fer. Il pose une question
simple : « Pourquoi ce poète ? » Le mercenaire
répond qu’il n’en sait rien. Le juge lui tend un
document scellé. C’est un contrat de service,
signé par un général inconnu. Le mercenaire
reconnaît le sigle de son ancien régiment. La
règle est claire : il doit exécuter la sentence,
ou être tué à sa place.
Le prisonnier se lève. Il murmure une phrase en
russe. Le mercenaire ne comprend pas, mais il
sent le poids de l’histoire dans chaque syllabe.
Le juge ordonne un vote. Les jurés, des hommes
en costume sombre, hochent la tête. Le verdict
est prononcé : le poète est condamné à la prison
perpétuelle. Le mercenaire doit le livrer aux
forces de l’ordre.
Mais le juge ajoute une clause : si le
mercenaire refuse, il sera considéré comme
traître. La règle est immuable. Le mercenaire
hésite, puis sort un pistolet de sa veste. Il
pointe l’arme vers le juge. Le temps s’arrête.
Le juge sourit. Il dit : « Tu as choisi. »
Le mercenaire tire. Le juge tombe. La salle
explose en bruits de verre brisé. Les jurés
fuient. Le poète reste assis, silencieux. Le
mercenaire ramasse le document, le brûle dans un
cendrier. Il sort dans la nuit, les rues de
Paris mouillées par la pluie. Il marche jusqu’à
une gare, où un train part vers l’est. Il monte,
sans savoir où il va. Dans sa poche, il garde un
petit carnet, écrit en russe. Il ne sait pas
encore que ce livre contient les mots qui
changeront le cours de l’histoire.


