Le peintre exilé Étienne Vauvert est convoqué

par une inconnue au regard de braise. Elle lui

offre une somme d’argent prohibitif pour

retrouver sa sœur, disparue lors d’une

manifestation étudiante. Il refuse, mais elle

insiste : l’affaire touche la mémoire d’un passé

qui ne doit pas être effacé.

La nuit suivante, Vauvert découvre un message

glissé sous sa porte : des photographies de sa

sœur, prises dans une cellule de prison. Leur

père, ancien ministre, a été emprisonné sous

l’accusation de complot contre l’État.

L’enlèvement est une opération clandestine menée

par des dissidents, et Vauvert est leur seul

espoir.

Il entre dans les ruelles de Montmartre, où les

murs portent encore les traces des grèves de

1936. Les forces de sécurité, plus nombreuses

que jamais, patrouillent avec des armes modernes,

imposant un contrôle strict sur les mouvements.

Une règle tacite règne : parler de la guerre

civile passée est puni de mort.

Vauvert retrouve la sœur, captive dans un

immeuble désaffecté. Elle lui murmure qu’elle a

vu leur père mourir à l’Hôtel de Ville, après

avoir tenté de dévoiler un trafic d’armes. La

police l’a fait taire. Elle lui tend un carnet

rempli de dessins, des œuvres qu’il avait crues

perdues.

Les gardes approchent. Vauvert agit : il brûle

le carnet dans une cheminée, laissant les

flammes détruire les preuves. La sœur est

libérée, mais Vauvert est arrêté. La police

l’interroge dans une salle où les murs sont

recouverts de portraits de leaders politiques,

leurs visages figés dans l’effroi.

Le procès est rapide. On l’accuse de complicité

avec des « traîtres ». Il est condamné à cinq

ans de travaux forcés. À la sortie, il retrouve

la sœur, qui lui remet une lettre. Elle a caché

une partie des dessins dans un livre de poche. «

Tu dois continuer », ditelle. Vauvert sourit,

sans répondre.

Les flammes du carnet ont consumé les preuves,

mais elles n’ont pas éteint la vérité. Le monde

a changé, mais certaines choses ne peuvent pas

être oubliées.