À Paris, sous les néons des avenues illuminées,
Étienne de Vaurin, prince banni depuis la chute
de son royaume, vit cloîtré dans un immeuble de
banlieue. Il a abandonné sa cour, ses armes, et
presque sa foi — jusqu’à ce qu’un colis anonyme
arrive à sa porte, contenant une relique
familiale oubliée : une médaille ensanglantée,
gravée du sigle de l’Ordre des Ombres, une secte
dissoute depuis des décennies.
La trahison s’inscrit dans ses veines dès qu’il
reconnaît le symbole. Son ancien vizir,
désormais maire d’un quartier défavorisé, lui
avait volé l’héritage royal, déclenchant une
guerre sourde qui a mené à la déchéance de sa
famille. Mais la médaille ne contient pas
seulement un passé humiliant — elle est un
catalyseur. Le prince découvre que les rites de
l’Ordre, censés être morts avec la Révolution,
ont été réactivés sous couverture de mouvements
new age.
Il se rend chez une ancienne amante, Isabelle,
exsœur de l’Ordre, maintenant psychologue dans
un cabinet discret. Elle lui révèle que
l’exorcisme rituel, autrefois utilisé pour
purger les âmes corrompues, a été détourné : il
permet à ceux qui le pratiquent de s’approprier
la volonté d’autrui. Le prince, lié à cette
magie par son sang, devient leur cible.
Le prince refuse d’être un jouet. Il se jure de
retrouver l’Ordre, de percer la trahison qui a
détruit son lignage, et de briser le rituel
avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela, il
doit pénétrer dans un temple secret, caché sous
une église désaffectée, où les adeptes de
l’Ordre tentent de ranimer une puissance
interdite.
Le rite exige un sacrifice : un prince, un
héritage, une volonté. Étienne, dans un dernier
effort, utilise la médaille contre les adeptes,
provoquant une rupture temporelle dans le
sanctuaire. L’Ordre disparaît, son influence
pulvérisée. Mais le prince, désormais seul,
garde en lui la mémoire de ce qu’il a perdu — et
la nostalgie d’un monde où la noblesse n’était
pas un fardeau, mais un destin.
Le temps modernise tout, mais certaines ombres
persistent.


