Le palais de l’Ancien Régime est désert, ses

murs résonnant d’un silence pesant. Les lois de

la noblesse ont été abolies, mais l’arrogance

persiste dans les ombres. Un homme, ancien

officier, traverse les ruines avec une lettre

scellée, cherchant un refuge.

Il s’arrête devant une boutique de vêtements, où

une femme coiffe une perruque blanche. Elle le

reconnaît, mais ne parle pas. Il lui tend la

lettre. Elle la brûle dans un bol de cuivre,

puis disparaît.

Les rues sont bondées de citoyens en colère,

exigeant des comptes. Le gouvernement a instauré

une loi : tout lien avec l’Ancien Monde est puni

de prison. L’homme se cache dans un atelier, où

des ouvriers recréent des objets anciens en

secret.

Un enfant lui offre une montre cassée. Il la

répare, et l’enfant sourit. Mais un agent frappe

à la porte. L’homme s’enfuit par une fenêtre,

sauta dans une charrette de bouchers.

La nuit, il s’installe dans une gare abandonnée.

Une femme l’y attend, vêtue de noir. Elle lui

offre un verre de vin, puis lui dit : « Tu as

choisi le passé. » Il refuse de répondre.

Au matin, il est arrêté. On l’accuse de posséder

des objets interdits. Il est condamné à

travailler dans les mines, où les hommes sont

transformés en ombres. Il y reste trois ans,

jusqu’à ce qu’un autre prisonnier lui glisse un

mot : « La mémoire n’est pas un crime. »

Il s’échappe, retrouve la femme dans une taverne.

Elle lui montre une photo de lui, jeune, au

temps de l’Ancien Régime. Il réalise qu’elle l’a

attendu. Il l’embrasse, mais elle recule. « Tu

es trop lourd », ditelle.

Il part, sans regarder derrière. La ville a

changé, mais le poids du passé reste. Il marche

vers l’horizon, seul, avec une montre en poche

et une cicatrice sur la main.