La ville s’effondre sous la pluie acide. Les

rues, autrefois animées par les bistrots et les

cafés, sont maintenant des tunnels de verre

brisé. La science a érigé des murs entre les

hommes et leur passé, mais certains refusent

d’oublier.

Un homme, nommé seulement « Hommes », traverse

les ruines avec une carte gravée d’un symbole

inconnu. Il cherche l’Épée de l’Anonyme, un

artefact dont on raconte qu’il peut réveiller

les morts. Mais les règles ont changé : la

technologie ne permet plus de guérir, seulement

de modifier le corps. Une main brûlée ne peut

être recollée — seule une machine peut la

remplacer.

La guérisseuse, surnommée « L’Ombre », suit sa

trace. Elle n’a pas de nom, ni de passé. Seul

son don reste : elle peut voir les cicatrices

des autres, même celles qui ne sont pas visibles.

Elle est venue pour arrêter l’homme, ou peutêtre

pour le sauver.

Les deux se retrouvent dans un laboratoire

souterrain, abandonné depuis des décennies.

L’Épée y est cachée, enfermée dans un coffre

scellé par une étrange formule. Mais le sol

tremble. Des voix murmurent derrière les murs.

Le laboratoire n’est pas vide. Quelqu’un a

attendu ce moment.

L’Ombre déchire la formule avec ses doigts. Le

coffre s’ouvre. L’Épée brille, non d’or, mais

d’une lumière noire. L’homme, touchant l’arme,

sent son corps se transformer. Ses os se

fissurent, ses organes se recombinent. Il n’est

plus humain.

La guérisseuse le fixe. Elle comprend. L’Épée ne

guérit pas — elle corrige. Elle transforme ceux

qui la possèdent en something else. L’homme, à

présent, est un spectre. Il ne parle plus. Il

regarde l’Ombre comme si elle était l’origine de

tout.

Elle le tue. Pas avec l’Épée, mais avec un

couteau de fer. La lame ne tranchait pas — elle

nettoyait. L’homme s’effondre, et son corps se

désintègre en poussière. L’Épée, sans maître,

tombe au sol.

Le laboratoire s’effondre. L’Ombre sort dans la

pluie. Elle ne dit rien. Elle ne pleure pas.

Elle marche vers la prochaine ville, où un autre

artefact attend.

La science a remplacé les dieux, mais certaines

vérités ne peuvent être effacées.