À Paris, 2147, la mémoire est devenue une

monnaie. Les Échos, des implants cérébraux

capables de stocker et d’échanger des souvenirs,

ont remplacé les livres et les lettres. Le

gouvernement contrôle le marché, mais des

réseaux clandestins enfreignent les lois pour

trafiquer les souvenirs.

Clémence Vaurien, exbourgeoise du XVIIIe

arrondissement, a perdu tout son passé lorsqu’un

voleur de mémoire lui a arraché ses souvenirs

pendant une nuit de pluie. Elle ne se souvient

plus de son mari, ni de leur enfant, ni même de

son propre nom. Ce qu’elle sait, c’est que le

voleur s’appelle Lucien Grégoire et qu’il a

disparu dans les basfonds de la ville.

Ses nouveaux souvenirs, achetés sur le marché

noir, lui disent qu’elle est une femme forte,

dotée d’un esprit aiguisé et d’une volonté de

fer. Ils ne disent pas pourquoi elle a été

attaquée. Mais elle suit la piste de Lucien,

utilisant ses compétences en informatique et en

stratagèmes. Elle retrouve des fragments de son

ancienne vie : un journal intime, un portrait,

une adresse.

Un soir, elle le trouve. Lucien Grégoire,

désormais chef d’un réseau de voleurs de mémoire,

l’attire dans un repaire souterrain. Il lui

offre un choix : récupérer ses souvenirs en

échange d’un service. Elle refuse. Il lui

arrache alors un nouveau souvenir, celui de sa

propre mort.

Elle s’échappe, brûlant les Échos qui la liaient

à lui. Avec les dernières données qu’il lui a

laissées, elle reconstruit sa vie. Elle découvre

que Lucien n’était pas un simple voleur, mais un

homme traqué par le gouvernement, qui avait

tenté de sauver des centaines de personnes en

supprimant leurs souvenirs politiques.

Dans un dernier combat, elle le retrouve au cœur

d’un quartier en ruine, où les Échos ont pris le

contrôle des esprits. Elle lui inflige la même

douleur qu’il lui avait faite. Puis, elle efface

son propre souvenir de lui.

Le monde change. Les Échos sont désormais

interdits. La mémoire, à jamais, appartient aux

humains.

Clémence marche dans les rues de Paris, sans

savoir si elle a vengé ou libéré. Mais elle sait

qu’elle n’est plus la même. Et cette certitude,

elle ne la vendra jamais.