Dans une cité où le temps s’écoule en spirale,

les artistes sont des prisonniers de leur propre

création. L’architecte Étienne Moreau, surnommé

l’Artiste maudit, sculpte des statues vivantes

qui murmurent des secrets oubliés. Sa dernière

œuvre, L’Écho du Temps Perdu, est un monolithe

capable d’attirer les âmes errantes — et de les

enfermer.

Un soir, alors qu’il travaille sous la pluie,

une ombre jaillit de la statue. Elle porte un

masque de verre brisé, une cicatrice sur la joue

gauche, et ses yeux brillent comme des étoiles

mortes. C’est Mireille, une femme venue du passé,

traquée par une vengeance ancienne. Son frère,

un révolutionnaire, a été tué par Étienne lors

d’un conflit sanglant au cœur de la cité.

La statue, activée par le lien entre eux, ouvre

une faille temporelle. Étienne est projeté dans

une époque où les règles du monde sont

différentes : le temps n’est plus linéaire, mais

une toile tissée par les souvenirs des humains.

Il découvre que chaque sculpture qu’il a créée a

eu un prix, un sacrifice occulté par sa soif

d’art.

Mireille, bien que vengeresse, hésite. Elle

comprend qu’Étienne n’était qu’un instrument de

forces plus anciennes, celles qui gouvernent ce

monde fantastique. Une force qui ne permet pas

de mourir, seulement de se transformer — et de

se perdre.

Leurs chemins convergent vers une cérémonie

oubliée, un lieu où le temps se fissure et où

les statues deviennent des portes. Étienne doit

choisir : détruire L’Écho et effacer son propre

passé, ou accepter de devenir une partie

intégrante du mécanisme du monde, lié à jamais

aux ombres qu’il a façonnées.

Il brise la statue. Le monde tremble. Les ombres

s’évanouissent. Étienne, désormais vide de son

art, marche dans les rues silencieuses,

désenchanté, sans espoir de retour.